L’appartement d’Elias est à son image : épuré, structuré, silencieux. Dès la porte refermée, le poids du silence s’abat sur Claudia. Une vague de panique absurde lui noue l’estomac. Qu’est-ce que je fais là ? Se retrouver chez un homme, céder ainsi à l’impulsion, ne lui ressemble absolument pas. Elle, si maîtresse d’elle-même, sent la panique affleurer. Elle aurait dû rentrer chez elle. Cacher sa vulnérabilité derrière le confort de son propre lit.
Elias, fin observateur, capte immédiatement la rigidité soudaine de ses épaules, le léger recul de sa démarche.
Plutôt que d’envenimer la tension, il agit avec une délicatesse désarmante. Sans un geste brusque, il l’invite à s’installer et commence à lui poser des questions simples, presque banales. Comment s’est passée sa semaine ? Ce projet au travail qui n’en finit plus ? Sa voix, basse et posée, agit comme un baume. À mesure qu’elle répond, le nœud dans sa poitrine se desserre. Le doute s’évapore, laissant place à une douceur étrange.
Il s’écarte quelques instants pour servir deux verres de vin rouge, puis revient s’asseoir face à elle. Les banalités s’épuisent lentement, laissant le champ libre à l’essentiel.
Puis, le silence revient. Mais ce n’est plus le même.
Elias la regarde. Un regard lent, délibéré, qui détaille la courbe de ses épaules, la ligne de son cou, pour remonter jusqu’à ses yeux. C’est un regard chargé d’un désir brut, sans nuance, qui lui coupe le souffle.
De quoi tu veux qu’on parle, Claudia ? murmure-t-il, un brin amusé, en plantant ses yeux dans les siens. Pourquoi tu n’étais pas si pressée de rentrer chez toi ?
Prise au piège de ce charisme qui l’envoûte depuis des mois, Claudia ne cherche plus à feindre ou à utiliser le sarcasme. Ses yeux glissent vers les lèvres d’Elias, ces lèvres qu’elle trouve subitement d’une sensualité insoutenable. Tout son corps tremble d’une impatience nouvelle. Elle ne pense plus aux conséquences, à ce qui arrivera dans dix minutes ou demain. La seule chose qui compte, c’est ce vide à combler entre eux.
Est-ce que tu peux m’embrasser ? souffle-t-elle.
Un sourire lent étire les lèvres d’Elias. Il ne se le fait pas dire deux fois. Il se penche vers elle, réduit l’espace, et pose ses lèvres sur les siennes.
